Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 00:17

    Les demi-heures  s’égrenaient au rythme des arrêts dans des gares de plus en plus petites, de moins en moins fréquentées. Dans moins d’une heure je serais arrivée à destination. Je ne savais pas trop quoi faire pour tuer le temps. Mon sac à dos était posé en travers sur le siège à côté de moi. Je me décidais à ranger un peu mon portefeuille, chose que je n’avais pas faite depuis… depuis que je l’avais acheté il y a deux ans en fait.

C’était un fouillis inextricable. Entre les tickets de caisse du supermarché et les photographies se trouvaient ma carte bleue et les autres cartons qui me servaient au quotidien. Ma carte de bibliothèque d’abord, périmée depuis un an car je n’y retournais plus. Elle était faite d’une sorte de papier épais taché par une auréole en force de fond de tasse de thé au jasmin. Le titre indiquait qu’elle était valable pour toutes les bibliothèques de la ville de Lyon. Ma photo tout droit sortie d’un photomaton, n’était pas franchement à mon avantage. Je me rappelais que j’avais fait ces clichés à toute vitesse avant que le temple du livre ne ferme ses portes car je devais absolument lire un livre pour l’école. La photo datait d’il y a quelques années mais très franchement je n’avais pas beaucoup changé depuis.

Je ne me suis jamais qualifiée de jolie, mais mon succès certain auprès des garçons me confirmait que j’étais loin d’être laide. On pourrait dire que j’étais plutôt mignonne.  Je n’étais pas très grande, un mètre soixante-huit en me tenant bien droite. Mon poids était considéré par les nutritionnistes d’idéal, cinquante huit kilos tout rond, mais pour moi il n’y avait pas que mon poids de rond, je me trouvais des formes qui n’auraient pas dû être là à mon goût ! un ventre jamais assez plat, des seins assez petits, mais des jambes à faire pâlir d’envie les bimbos et je ne me gênais pas pour les montrer. Mes épaules, relativement menues, portaient un cou long et fin. Mon visage était plutôt allongé, le front haut et large encadré par une cascade de boucles brunes qui descendait jusqu’aux omoplates.

Mon visage ne trahissait pas mes trente ans bien sonnés. Je faisais même beaucoup plus jeune, dans les vingt cinq ans, et j’en usais et abusait pour profiter des tarifs jeunes. Mes yeux, bleus verts, n’étaient pas tout à fait identiques. Le gauche était irrémédiablement plus vert que le droit, et ce « défaut  de fabrication » semblait être un charme irrésistible pour de nombreux hommes qui m’en avaient fait compliment. A l’époque de mes années lycées un bel étudiant en fac de lettre de cinq ans plus âgé que moi m’avait même écrit  un ronflant poème sur leur effet hypnotique. Je n’ai jamais su si je devais le prendre bien ou mal. Mes yeux donc étaient différents de couleurs et ils étaient encadrés par des cils résolument trop courts, que je m’efforçais en vain de rallongé à l’aide de subterfuges douteux et autres appareils de torture censés les recourber. Mes sourcils n’étaient pas épilés, dans une mode nature qui me seyait à merveille, tant du point de vue esthétique que pratique. Je n’étais pas une fervente adepte de la torture. Ma bouche était plutôt boudeuse, les extrémités retombant mollement vers le bas. Mes lèvres n’étaient pas charnues, mais tout cela était camouflé par un sourire éblouissant dont m’avait doté dame nature. Deux rangées de dent parfaites sans le moindre besoin d’artifices tels que les appareils dentaires et les dentifrices blanchissants. Mon sourire était mon arme de séduction  number one et ne quittait jamais mon visage. Enfin, mon menton, un peu fuyant et long terminait l’ensemble. Pas vraiment belle, pas laide du tout ! Tout à fait le genre de femmes que les hommes trouvaient abordables, ni intouchables et surtout pas repoussantes.

Je rangeais ma carte de bibliothèque et m’attardais quelques instants sur ma carte d’identité. Elle était périmée depuis trois ans. J’étais atteinte d’une sorte de flemme inguérissable quand il s’agissait des démarches administratives. C’était encore cette carte jaune qui se pliait en deux. J’allais devoir me résoudre à la changer pour ce petit carton plastifié orné d’une photo en noir et blanc qui ne manquait jamais d’être atrocement mal imprimée.

Ma carte bancaire, mon passeport à jour en cas de voyage surprise (on pouvait toujours espérer) et ma carte de sécurité sociale constituaient le reste  de mes papiers. Je pris résolument tous les tickets de caisse et les jetaient dans la petite poubelle en fer à moitié décrochée sous la tablette.

La dernière poche de mon portefeuille était réservée aux quelques photos dont je ne me séparais jamais. La première était le témoin de ma très riche vie sociale. Je posais le jour de mon vingt neuvième anniversaire, entouré de tous mes plus chers amis. Il y avait pas moins de vingt personnes sur cette photo, tous des mais très chers que j’avais rencontrés lors de mes études pour la plupart, et au grès des soirées pour les autres. Je tenais par la taille ma meilleure amie, Melissa, une sculpturale guadeloupéenne noire comme l’ébène et belle comme la nuit. Physiquement elle était mon opposé mais elle était mon âme sœur. Elle savait tout de moi, absolument tout, de ma première fois désastreuse à mes amours secrets avec le beau Quentin.

Derrière cette photo se trouvait un autre cliché, celui là jauni par les années. J’y étais une toute petite fillette à couette posant sur les genoux de ma mamie. Les larme perlèrent sur mes cils. Je sentais un sanglot monter dans ma poitrine. Ma grand-mère était partie pour toujours l’été précédent. Elle était toute la famille qui me restait. J’étais fille unique et mes parents et moi n’étions pas assez proches pour continuer à nous fréquenter une fois que j’ai pu quitter la maison. Cette vieille petite bonne femme était tout pour moi. Les profonds sillons qui creusaient son visage avaient fripé sa peau. On aurait dit le cuir des éléphants. Son chignon épais et haut placé cachaient une somptueuse chevelure que les années n’avaient pas fanée. J’avais hérité de cette merveilleuse femme mon sourire charmeur. Chez elle il avait été sublimé par les années et j’aimais enfouir mon visage tout contre ces lèvres qui m’avaient tant aimées.

Je passais chaque été dans mes collines de Provence à l’accompagner à la cueillette des figues et de la lavande qu’elle plaçait dans son armoire pour parfumer ses vêtements. C’était son seul parfum.

Par delphren
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Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 13:12

L'été arrivant, le soleil ne se décidant pas à venir jusque chez nous, mon mari et moi avons décidé de partir en vacances à la mer! ça tombe bien, le beau père de zhom vient de faire l'acquisition d'une belle maison au bord de l'océan!!!!
C'est donc décidé, on s'en va mettre les pieds dans l'eau et respirer le bon air marin!!! Pour que ça soit encore plus chouette, on part avec mes parents et évidemment notre petit clonage de nous, notre fils de 2 ans.
Un petit coup de fils au beau père qui laisse les clefs dans le compteur d'eau, le temps de demander l'adresse (mon mari qui est vachement fort en géo me dit que c'est facile à trouver, c'est juste à côté de Bordeaux!!!), on plie les malles et on se taille!!!!

 

nous sommes donc partis dans la nuit du vendredi au samedi pour que petit clone puisse dormir tranquillement pendant les 7 heures de trajet!!!!!

résultat, il a pas dormit de la nuit! loupé!!!!!

mais il était tout heureux et a chanté à tue tête pendant les 7h de trajets, pendant que nous autres (zhom, moi et mes parents!) on était fracassés!!!! et croyez moi, parfois 7h c'est trèèèèèès long! vive les gosses!

 

mais ça valait le coup de partir de nuit rien que pour voir le magnifique levé de soleil sur l'océan!!une pure merveille!!!




nous sommes donc arrivés à 8 heures à destination (je vous laisse calculer l'heure de départ)  mais comme mon homme est très fort en géo, c'est pas à bordeaux qu'on a atterrit mais à la rochelle (merci madame Tom Tom sans qui nous serions encore à bordeaux en train de chercher la maison à l'heure qu'il est!) bon je ne vous cache pas qu'avec mes parents on a pris un plaisir sadique à le charrier un peu  beaucoup!!!!

 

nous nous sommes installés dans une magnifique ancienne maison juste au bord de l'estuaire!!!!!c'était somptueux!

le temps que nous défaisions les valises, mon loulou a découvert un truc fabuleux dans le jardin!!!!

 

ça!

 

 

puis nous sommes allés sur les bord de l'océan!!!!on était une fière équipée, notre petit clone (enfin je devrais dire le clone de mon mari puisque monsieur mon fils n'a pas daigné me ressembler ne serais-ce que d'un orteil!) était déjà armé de son seau et de sa pelle, les bottes aux pieds, prêt à sauter à pied joint dans l'eau!!!!

le seul truc qu'on avait pas prévu c'était ça!!!!

 

 ben oui il y avait pas d'eau!c'est balot pour un séjour à la mer!!!ben justement le hic c'est que c'est pas la mer, c'est l'océan, et que de l'eau il y en a pas tout le temps!qu'à cela ne tienne, petit clone est équipé de ses super bottes en caoutchouc donc je le laisse patauger dans la gadoue puisqu'après à quoi ça sert d'avoir des vêtements si on peut rien faire dedans !!!!

mais voilà ti pas que c'est pas vraiment de la gadoue, ça ressemble même vachement à des sables mouvants! et voilà que mon trésor commence à s'enfoncer doucement dans le sol!!!

Ni une ni deux je saute à plat ventre pour sauver mon fiston!!!! je le rattrape par le fond de la culotte, je m'enfonce jusqu'au genoux mais je ramène victorieusement mon gosse au bord de la plage!! quand je me retourne vers mon homme et mes parents un sourire triomphant aux lèvres, je découvre qu'ils sont tordus de rire!ils arrivent même plus à respirer les bougres, et se foutent de moi au lieu de me féliciter pour mon courage!!!!

il paraît que c'était pas du sable mouvant, même que ça s'appelle du limon et qu'il y a des gens qui viennent de loin pour prendre des bains de boue et moi j'y ai eût droit gratuitement!mais ils m'ont rassurée, nonobstant le ridicule de la situation, j'ai vachement assuré quand même niveau abnégation de moi pour sauver mon fils!!!

 

 

bon ben puisqu'il y a eût plus de peur que de mal on retourne à la maison histoire que je me lave  (karcherise) un coup et on repart sur les bord de l'océan, cette fois bien avertis qu'il ne faut pas patauger!!!c'était le soir!le décors était grandiose!!!

 

 

 

un peu plus loin on est tombé sur un super toboggan extra large pour faire passer mon cul, alors je vous avoue ne pas avoir pu me retenir de faire quelques descentes sous les yeux admiratifs de mon clone (ouaih même que je sais glisser sur le ventre et remonter par le côté de la pente moâaa!!!)

 

 

puis il fut temps de rentrer à la maison pour un repos bien mérité (je vous rappelle que personne n'a dormis de la nuit!)

on en a quand même profiter pour jouer une partie de triominos (comment vous ne connaissez pas ce subtil jeu de stratégie?? ben moi non plus je connaissais pas c'est sûr que c'est pour ça que je me suis faite rétamer!) puis on a regardé un coup les JO histoire de pas passer pour des incultes en rentrant de vacances!!

 

le lendemain, direction l'aquarium de la rochelle (puisque je vous rappelle que finalement c'était pas à bordeaux que nous étions mais à la rochelle!) c'était drôlement chouette, il y avait beaucoup de monde agglutinés devant les aquariums le nez collé à la vitre, même que ça a l'air d'avoir drôlement divertis les poissons sauf que c'est nous qui avons payé pour qu'ils puissent nous admirer!!!

mais enfin mon loulou a adoré les requins et tout ce qui faisait plus de 2m de long, mais bizarrement il a été terrorisé par une crevette de 10 cm de long, faut pas chercher à comprendre!

 

 

le lendemain nous sommes allés à la serre aux papillons!!!! bon mon gosse, les papillons, ça l'interresse pas vraiment! par contre il était vachement tenté de plonger dans le bassin pour nager avec les gros poissons rouges (ça lui a peut-être rappelé les requins de la veille!!va falloir que je lui explique que c'est pas très très gentil un requin!) comme j'étais pas trop tentée de faire encore une démonstration de sauvetage en plein bassin, je l'ai bien entendu empêché de sauter dans l'eau, ce qui s'est soldé par des hurlements hystérique du clone et des dizaines de paires d'yeux qui me fusillaient du regard!! comme si j'allais laisser mon gosse plonger dans l'eau histoire qu'il nous foute la paix!!!sans blagues!!!

n'empêche c'était vraiment très jolis, et si vous passez par bordeauxla Rochelle je vous recommande les jardins du monde!

 

 

à la fin de la visite, même que mon clone a été récompensé d'avoir été bien sage car il y avait des jets d'eau et on l'a laissé patouiller dedans!!il y est allé à coeur joie le salaud!!!

 

 

le lendemain nous avons visité le fort de brouage!très très jolis avec une vue à tomber (dans le propre comme le figuré puisque nous étions en haut d'une falaise et que c'était pas très très stable là dessus)

 

 

 

 

le reste du séjour à consisté en ballades et barbotage dans l'eau!!!!! mais surtout surtout en ramassage de "cagots" marins et coquillages en tout genre sur la plage!!!!

 

 puis direction clermont ferrant pour assister au mariage de ma cousine!!!!

mon petit trésor y a retrouvé son cousin (pas germain mais au second degrés par alliance du troisième degrés, si vous avez pas suivit c'est pô grave!)

 

 

puis nous sommes rentrés à la maison!!!!

 

comme les vacances c'est fatiguant (sissi essayez de gérer un gosse hystérique de bonheur dès qu'il voit un "cagot" , comprendre escargot!) on a largué le môme chez mes parents et on est rentrés avec ma soeur et son homme chez nous dormir du repos du guerrier!

le lendemain, comme ça m'avait pas suffit mon petit épisode de bravoure dans les sables mouvants, on a décidé de faire de l'accrobranche!!! ce truc consiste à se ridiculiser au milieu des arbres en jouant à fort boyard (ça tombe bien puisqu'on a passé nos vacances juste en face de ce splendide monument) et pour les hommes à s'arracher les cougnettes avec le baudrier (le truc qui est sensé nous empêcher de tomber)

  

et voilà, les vacances sont finie et je reviens parmi vous pas bronzée, pas maigrie, pas reposée, mais plein d'images dans la tête et un gosse qui vient enfin de se rendre compte qu'il y a un aquarium avec un poisson rouge dedans à la maison et devinez quoi, quand on est rentrés, on a même découvert un petit "cagot" marin dedans venu je ne sais d'où!!!mon môme est hystérique de bonheur!!!

 

Par delphren - Publié dans : petite tranche de vie
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Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 10:26

    Il ne me restait qu’a franchir le long couloir en titubant sous les tressautements du train qui se mettait en marche  sans m’affaler sur les passagers et à me jeter dans le siège qui m’était attribué en espérant qu’ il était dans le sens de la marche. M’appliquant le plus possible pour rester digne malgré ma démarche de bûcheron canadien descendant la rivière en équilibre sur un tronc d’arbre, je ne pu m’empêcher de regretter qu’un mouvement brusque du train ne me jetas dans les bras des quelques beaux gosses que je croisais le temps de mon ascension désespérée !

    Une grand-mère affairée à ranger correctement ses bagages m’obstrua le passage ! j’allais lui proposer de l’aide, autant par peur de me prendre ses bagages sur le pieds que par charité, mais je n’eût pas le temps d’ouvrir la bouche que ce fut la grand-mère elle-même qui me dégringola directement dans les bras. J’entendis éclater de rire derrière mon dos. Les rires cristallins de trois enfant de moins de 10 ans qui avaient échappé à la surveillance de leurs parents.

    Je réussit avec peine à déposer le plus délicatement possible la mamie dans son siège malgré mon manque d’équilibre et je poursuivit mon expédition ! Mon siège de seconde classe se rapprochait de moi doucement et je me jetais dedans avec reconnaissance. Evidemment il était dos à la route.

    Ma curiosité maladive me poussa rapidement à lorgner un peu autour de moi les autres passagers. J’aimais plus que tout tenter d’imaginer quelle pouvait être leurs vies et les raisons de leur voyage. Derrière moi se trouvait un jeune femme qui voyageait seule avec un bébé de quelques mois. Elle l’allaitait en fredonnant de temps à autre une douce berceuse.

c’était magnifique à regarder. Tout cet amour concentré dans le seul regarde de cette maman admirant ce qui était le plus beau à ses yeux ; sa main caressant tendrement le front poudré de duvet de l’enfant. Les petits poings serrés fort, fort et les tempes s’agitant sous l’effort de la tétée. J’en avais les larmes aux yeux d’émerveillement et de désir refoulé tant bien que mal.

    Je me concentrais ensuite sur le monsieur qui occupait le siège de l’autre côté du passage. C’était un quinquagénaire chauve qui s’était plongé dans son journal sportif dès le départ du train . Je ne vis plus que son front dégarni à moitié caché par les pages grandes ouvertes du journal jusqu’à la fin du voyage.

    Devant ce monsieur se trouvaient les enfants croisés dans le train plus tôt qui avaient retrouvés leur famille. Le père et la mère qui avaient étalé un jeu de carte sur leur tablette, les trois enfants se tenaient serrés sur les deux sièges en face d’eux.

    Devant encore se trouvaient deux femmes qui parlaient très fort. Je ne Savais laquelle des deux était assez sourde pour justifier ce manque de discrétion, mais ce que je savais c’est qu’elles auraient pu voyager aisément en première vu les noms de boutiques inscrits sur les saces en cartons qui se trouvaient rangés au dessus d’elles sur les portes bagages et posés négligemment au travers du passage, obligeant le contrôleur à faire un enjambée digne d’une danseuse de cabaret. Cela n’eût pas l’air le moins du monde de culpabiliser les deux voyageuses qui continuèrent à nous faire profiter des désagréments causés par les aboiements du  chien de la voisine du dessus de la plus jeune d’entre elles tout en tendant leurs billets au contrôleur sans le gratifier du moindre regard ni de la moindre parole malgré ses politesses.

    Je classais ces deux femmes de suite dans la catégories des « je me la joue BCBG mais je n’en suis pas » et me préparais à présenter à mon tour mon titre de transport comme un élève se préparant à passer devant un jury pour un examen d’oral décisif. Je savais que tout était parfait mais je ne pouvais m’empêcher de vérifier une dernière fois si j’avais bien composté le billet le scrutant comme l’élève ses chaussures dans l’espoir fou d’y lire gravées les réponses aux questions posées.

    Mon examen passé avec brio et le contrôleur m’ayant rendu mon billet, je me décidait enfin à m’installer confortablement et a apprécier le voyage.

    N’ayant pas à partager ma rangée de sièges je m’étais installée à la fenêtre et me mis à regarder défiler le paysage qui s’éloignait de moi à toute vitesse à travers la fenêtre encrassée du wagon.

    Le soleil brillait haut dans un ciel sans nuage d’un bleu profond presque irréel. L’atmosphère à l’extérieur se réchauffait au fur et à mesure que le train se rapprochait de la provence. Le défilé des villes laissait maintenant place à de longs paysages qui s’étendaient à perte de vue. Les champs de blés gorgés d’or étincelaient, contrastant avec le profond violet des lavandes.

    Au fond on pouvait déjà apercevoir les collines qui avaient bercé mon enfance, le maquis éclaboussé par les rayons brûlants de notre astre. Le lit qu’une rivière avait déserté depuis longtemps serpentais paresseusement à distance de la voie de chemin de fer. Des herbes folles poussaient entre les cailloux arrondis par un courant qui n’existait plus. Je n’avais pas besoin de voir avec netteté tout ce paysage et la vitesse du train ne me gênait en rien. Ce paysage, je le connaissais par cœur car la Provence était immuable, et mon cœur ému de cette rencontre toujours nouvelle et chaque fois inchangée, battait la chamade. 

    Tout était calme, tout était beau. Je devinais que derrière la fenêtre les cigales étaient en plein concert. Un chœur à l’unisson composé de milliers de petites âmes en mal d’amour. Il me semblait chaque fois que je les entendais que leur chant pouvait se répercuter à des milliers de kilomètres. L’air devait sentir bon la figue et le thym. Dans cet univers incroyable de mon enfance la chaleur semblait vouloir nous cuire la peau mais le mistral nous rafraîchissait inlassablement de ses bourrasques odorantes. Moi qui n’avait jamais vécu plus d’un été par an dans cette région, il me semblait chaque fois que je rentrais chez moi dès que je me rapprochais de mes collines.

Par delphren - Publié dans : ecriture
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Jeudi 21 août 2008 4 21 /08 /Août /2008 00:37

    Puisque cela vous fait plaisir, je vais vous raconter mon histoire. Asseyez vous. Prenez le temps de vous installer confortablement car mon récit risque d’être bien long. Pardonnez moi si je l’embellis parfois, les années ont passé et je ne suis plus tout à fait sûre de la véracité de certains épisodes ! Peut-être en ai-je rêvé une partie, et je suis sûre que vous aurez bien du mal à me croire. Et pourtant l’histoire que je vais vous raconter ce soir est bien réelle.

 Bon, je suis pas hyper satisfaite de ce début!!!j'editerai ce billet un de ces jours pour faire mieux, mais comme faut se jeter à l'eau, je me jetes à l'eau!
 La suite est un peu mieux il me semble!


  

    La première chose dont je me rappelle quand j’évoque cette époque lointaine, c’est une course effrénée. Une course à en perdre l’haleine. Mes cheveux relevés en queue de cheval me fouettaient la nuque. Le vent giflait mon visage et je sentais douloureusement que mes poumons allaient exploser. J’aurais aimé m’arrêter de courir, tout laisser tomber.

    Mais je ne pouvais pas. Mes jambes semblaient vouloir se dérober sous moi à chaque foulée et je ne sais par quel miracle je tenais encore debout !J’entendais derrière moi les petites roulettes rebondir sur le pavé. Ma valise menaçait de se retourner à tout instant.

    La gare n’était plus qu’à un pâté de maison de là mais il fallait un miracle pour que le train ne ferme pas ses portes devant moi. J’entendais au loin les clacksons des taxis hurler après les automobilistes garés en double file.

    Cherchant en moi un dernier élan que je ne pensais pas avoir je redoublais de vitesse. Mon pantalon large entravait ma course. J’avais évidemment bien choisit mon jour pour le mettre, et ma chemise noire commençait à s’orner de magnifiques auréoles blanchâtres couleur déodorant. J’étais folle de penser à mon accoutrement alors que j’étais en train de tenter de battre le record du monde des voyageurs qui vont louper leur train.

 

    Je pris le virage à tout allure, j’avais l’impression de pencher comme un motard, et la gare de Perrache apparu devant moi, immense, masquant jusqu’au ciel. Un escalator semblait me tendre amoureusement les bras. Je m’y  jetais comme une âme en quête d’amour, ne me laissant pas endormir par la tentation d’attendre qu’il ne me monte à l’étage sans effort ! escaladant chaque marche deux à deux, ma valise semblant s’envoler derrière moi et mon sac à dos glissant sur mes épaules, le sortis mon billet de ma poche en priant que le premier composteur à ma portée fonctionne. Ouf ce fut le cas.

 Ce coup de chance inespéré me redonna l’espoir d’arriver à temps sur le quai et je me précipitais telle une fugitive en pleine chasse à l’homme dans le hall de gare. Je m’imaginais les chiens flairant ma piste et les policiers armés me cherchant de leurs jumelles à infra rouge dans la nuit noire et glacée par la pluie. Je me figurait que chaque voyageur en station qui empêchaient ma progression étaient les arbres  lugubres et terrifiants qui avaient hantés mon enfance suite à la sortie au cinéma de blanche neige.

    Dans mon délire j’entendais craquer les branches mortes sous mes pas. Je devais courir le plus vite possible ou mourir. J’apercevait au loin un gros arbre allongé sur le sol, peut-être un séquoia perdu dans la forêt amazonienne et je savais que je serais abritée dans le trou béant au centre du tronc.

    Je franchis les derniers mètres qui me séparaient de l’arbre providentiel d’un seul bond, ou plutôt d’un envol, et les lourdes portes du train se refermèrent derrière moi. J’étais sauvée.

Par delphren - Publié dans : ecriture
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Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 23:56
 Je crois bien avoir toujours écrit! A la seconde où j'ai découvert que les poésies étaient écrites par des personnes en chair et en os je me suis armée de mon stylo et j'ai composé!!!
 J'ai écrit mon premier poème à l'âge de 7 ans!!!un truc très macabre sur la mort!!! très optimiste la gosse me direz vous! très rapidement je suis devenue le petit génie de la poésie (du moins c'est ce que pensais ma maman qui dans sa frénésie de maman pas peu fière de sa progéniture assommait tout le monde en leur lisant ma poésie! même la bibliothecaire de la ville s'y est mise et a envoyer mon recueil (oui mon recueil car en plus d'être macabre, j'étais drôlement prolixe pour une gosse de 7 ans qui venait à peine de découvrir qu'on pouvait faire des assemblages de mots et appeler ça de la poésie) bref où j'en étais!! ah oui la brave femme a envoyé mes poèmes  à Madame René Guy Cadou!!!
Comment vous ne connaissez pas rené guy cadou??
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9-Guy_Cadou?? je vous rassure moi non plus à l'époque!!! mais faut dire que c'est un poête vachement connu tout de même! Mais je pourrais pas vous dire si il aurait aimé ma poésie puisqu'il était mort quand les muses se sont penchées sur mon berceau! nannn moi je parle de MADAME René Guy Cadou, sa femme! avait-elle un esprit créatif où se contentait-elle de repasser les chemises de son homme en soupirant d'aise d'être la femme d'un homme si célèbre, on ne le saura jamais, mais en tout cas elle a été assez gentille pour dire à une petite fille qu'elle avait beaucoup de talent! et quand opn a 7 ans, entendre qu'une dame inconnue qui a été l'épouse d'un mec que je connaissais ni d'Eve ni d'Adam mais qui apparemment était vachement célèbre (peut-être amême utant que mickael jackson mon héro de l'époque, qui sait?) ça fait drôlement du bien à l'égo!!!
donc forte de l'idée que j'étais un petit génie en herbe, je me suis mise à écrire, à écrire, à écrire,
écrire, écrire...

 Et la petite fille a bien grandit, son égo aussi puisqu'elle ose ce soir ouvrir devant vous les pages du cahier de son imagination!!!!! (qui soit dit en passant est débordante et parfois un peu loufoque)
 pour bien différencier mes articles sur mon etat d'âme (qui au fond n'interesse personne à part moi même) et mes écritures, tout ce qui sera écrit (quelle dôle d'idée, de toute façon tout ce qui est dans ce blog est écrit!) sera en bleu (ma couleur préférée hihi!!!)
Je serais bien tentée de vous raconter un peu de quoi ça parle exactement, mais j'aime bien les surprises alors je vous laisse découvrir par vous même!!! on va faire ça un peut comme à l'époque de balzac (rhooo voilà que je commence déjà à faire cohabiter le noms de grands maîtres de la littérature avec le miens!!) et je vais vous livrer ça sous forme de feuilletons (pas télévises, hein?) vous savez, comme à l'époque où les romans étaient découpés en petit morceaux et édités dans les journaux quotidiens et que les gens devaient attendre chaque jour pour savoir la suite!!!! ben là ça va être pareil!!!
lecteur armes toi de patience et de courage car ça risque d'être long (mais plus c'est long plus c'est bon paraît-il!) et surtout n'hésites pas à me dire ce que tu penses de mes pages!je ne sais pas encore comment tout ça va finir, alors qui sait, peut être que finalement toi aussi tu seras acteur de cette aventure en m'aidant à faire s'épanouir mon récit!
Par delphren - Publié dans : petite tranche de vie
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